LA COUR DES MIRACLES DE L’HYDROLOGIE

                                        

     Paris,18-20 juin 2008
Atelier scientifique

organisé à
l’ENGREF-AgroParistech

   

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Contextes

 

 

Articles et conférences hydrologiques mettent habituellement en exergue les succès, c’est à dire les cas où les hydrologues parviennent à produire des simulations ‘satisfaisantes’. En conséquence, les conférences scientifiques sont devenues stéréotypées, parler des échecs y est inimaginable, alors même que ces échecs représentent l’un des moteurs de l’avancée scientifique.

Nous postulons qu’il existe un endroit secret où tous les échecs hydrologiques ont été relégués. Cet endroit, nous proposons de l’appeler la cour des miracles, par analogie avec le lieu décrit par Victor Hugo dans Notre Dame de Paris. La cour des miracles était un lieu secret, où tous les monstres, voleurs, mendiants de la cité venaient se cacher.

L’objectif de cet atelier est l’exploration collective de la cour des miracles de la modélisation hydrologique.

    Comment définir les monstres hydrologiques?
 

Nous entendons par monstres hydrologiques les bassins, situations hydrométéorologiques et événements extrêmes (crue ou étiage) qui ont, d'une manière ou d'une autre, posé des problèmes inattendus ou apparemment insolubles au niveau de :

  • la mesure et l'observation ;

  • la compréhension du fonctionnement et la modélisation ;

  • la quantification des incertitudes ;

  • la prise de décision en contexte opérationnel.

    Pourquoi faudrait-il s’intéresser aux échecs des modèles hydrologiques ?
 

Les modèles hydrologiques sont des outils qui doivent permettre de mieux comprendre le fonctionnement des bassins versants et également fournir des solutions à l’intention des ingénieurs, des gestionnaires, des décideurs. Toute simulation, toute prévision porte une part d’incertitude, et si nous voulons pouvoir être honnête sur les limites de nos modèles, nous devons être capables d’examiner tous les résultats, aussi bien les succès que les échecs.

En cachant nos échecs, en réduisant la variabilité de nos résultats, nous imaginons parfois pouvoir accroître la confiance de nos utilisateurs. C’est là une vision de court terme, car nos utilisateurs se rendront compte tôt ou tard de la réalité, et perdront la confiance qu’ils avaient mise dans nos outils hydrologiques. Par ailleurs, savoir qu’une approche est une voie sans issue pourrait être utile aux autres (si cette conclusion atteignait le stade de la publication… ce qui est extrêmement rare).

    Quels bénéfices attendre d’une exploration de la Cour des Miracles Hydrologique ?
 

Il y a deux raisons principales pour proposer un réexamen de tous les horsains exclus des analyses hydrologiques :

  • identifier de nouvelles approches pour améliorer les performances de nos modèles. En cachant nos échecs, nous avons manqué des opportunités d’apprendre ce qui n’allait pas. Le dommage est donc avant tout scientifique;

  • reconquérir la confiance de nos utilisateurs, en étant réaliste sur les limites des modèles hydrologiques. Le décalage entre les bonnes performances annoncées dans les articles scientifiques et les résultats opérationnels a érodé notre crédibilité auprès des utilisateurs de nos modèles.

    Thèmes couverts par l’atelier
 

Les présentations devront se concentrer sur les bassins ou phénomènes hydrologiques 'horsains’, c’est-à-dire sur les basins ou événements qui auront été identifies comme différents de leurs voisins ou particuliers, que certains considéreront comme des ‘monstres hydrologiques’. Les travux présentés lors de l’atelier devront porter sur la mesure, l'évaluation, la compréhension et l'explication des raisons de la monstruosité hydrologique, et à chercher comment nos modèles hydrologiques pourraient s’adapter pour représenter un plus large spectre en termes d’hydrodiversité. Les principaux thèmes couverts seront la place et le traitement des horsains dans :

  • la mesure et l'observation ;

  • les études hydrologiques régionales ;

  • les événements hydrologiques extrêmes ;

  • la modélisation pluie-débit ;

  • l’évaluation des modèles – stratégies et critères ;

  • les questions de variabilité spatiale et temporelle ;

  • la non stationnarité du comportement des bassins versants ;

  • la question des bassins non jaugés ;

  • la quantification des incertitudes ;

  • la prise de décision.